La Baleine franche

Statut du spécimen : L'espèce est protégée

Classe : Mammifères
Ordre : Cétacés
Sous-ordre : Mysticètes
Famille : Balénidés

Nom scientifique : Eubalaena glacialis
Nom commun : Baleine franche

Poids : 60 à 100 tonnes
Taille : 15 à 20 m

BIOLOGIE :

Régime alimentaire : La baleine franche est un animal flitreur de nourriture, sa mâchoire supérieure est longue et fine, « armée » de 230 à 390 paires de longs fanons pouvant mesurer plus de 2 mètres qui lui permettent de filtrer l'eau et de récupérer le krill sur une surface importante et donc de compenser sa faible vitesse de déplacement (en moyenne 3 km/h, max 10km/h). Ces fanons sont faits d'une substance qui ressemble à celle des ongles humains, leur face externe est lisse, l'interne est déchiquetée en petits poils qui tamisent les petites proies. Les eaux circumpolaires sont parmi les plus riches du monde. Les courants océaniques y amènent une matière nutritive en très grande quantité et les longues périodes d'ensoleillement en été permettent la production, dix fois supérieure à la moyenne, d'un riche phytoplancton ; celui-ci nourrit un zooplancton très varié et abondant, dont plus de la moitié est constitué de krill.

Reproduction : L'accouplement est bref et dure rarement plus de 30 secondes. La gestation dure un peu moins de un an et un seul petit naît, généralement dans les eaux peu profondes d'une baie protégée (juillet et août à Valdès). Les baleines franches vivent de 50 à 70 ans. La majorité des femelles en âge de se reproduire (âgées de plus de 5 ans) se rendent en péninsule Valdés tous les trois ans pour accoucher d'un petit. La mère allaite son petit pendant toute une année, il reste en contact étroit avec elle, la chevauchant et même bouchant ses évents avec ses ailerons. Ce n'est que progressivement qu'il apprendra à s'éloigner d'elle. C'est un enfant précoce : il sait nager et plonger presque immédiatement. Au début, il grandit de 3.5 cm par jour. Les tétées durent parfois 15 minutes, puis le baleineau refait surface pour respirer avant de replonger à la recherche des mamelles et du lait très riche en matière grasse.

Longévité : 50ans.

 

MORPHOLOGIE :

Comme tous les mammifères, la baleine franche doit respirer de l'air et donc faire surface régulièrement. L'air expiré jaillit sous la forme de deux colonnes mêlant air et particules d'eau en un V pouvant atteindre 5 m de haut. Elle respire de manière intermittente, elle reste de 5 à 10 minutes en surface, en soufflant toutes les minutes, puis plonge durant 10 à 20 minutes, parfois 30 avant de remonter en surface. Pendant les longues plongées, les muscles et le sang fixent une quantité d'oxygène 4 à 5 fois supérieures à celle fixée par l'homme, le rythme respiratoire ralentit, la température du corps descend et le flux de sang se dirige vers les parties essentielles du corps (le cerveau notamment).

1 - Le corps : Silhouette grasse et trapue. Il n'y a pas d'aileron dorsal ; la très grosse tête forme jusqu'à 25% de la longueur totale.

2 - Le fanon : Entre 230 et 390 lames de chaque côté de la bouche. Chacune mesure jusqu'à 2,40 m est bordée de poils raides.

3 - Callosités : Ces grandes verrues sur la tête de la baleine franche sont caractéristiques de l'espèce. Ce sont des excroissances cornées qui peuvent atteindre 10 cm de hauteur et sont infestées de parasites, vers, poux de baleines et bernacles. Elles sont concentrées sur la tête, à l'avant de l'évent, et connues sous le nom de "bonnet".


Comportement : Elles sont célèbres pour leurs sauts spectaculaires toujours exécutés dans des eaux assez profondes. Les deux tiers du corps jaillissent alors de l'eau en une verticale presque parfaite. Puis en l'air, les baleines se vrillent sur elles mêmes et retombent sur le dos ou le côté dans une gigantesque gerbe d'écume. Les mâles mesurent en moyenne 15 à 18 mètres pour un poids allant de 55 à 96 tonnes, les femelles 13.5 mètres pour 35 tonnes et les baleineaux 5.5 mètres à la naissance. Elle possède une couche importante de graisse sous la peau, caractéristique qui lui a valu d'être chassée par l'homme, qui lui permet de résister et donc de s'adapter aux températures de l'océan arctique. La queue, plate et horizontale, peut atteindre 5 mètres de large. La baleine nage en déplaçant sa nageoire caudale de haut en bas (contrairement aux poissons qui bougent les leurs latéralement). Ses deux nageoires ventrales lui servent de stabilisateurs et pour modifier sa course. Sa tête est parsemée de callosités, hypertrophies cornées de la peau pouvant atteindre 10 cm de haut et souvent infestées de bernacles et de parasites. Ces callosités sont plus nombreuses sur la mâchoire inférieure et plus développées chez le mâle que chez la femelle, leur disposition est différente pour chaque individu. Ces callosités restent inexpliquées, on a toutefois noté que les mâles les utilisent comme armes au cours de leurs affrontements


Voix :
Les baleines franches communiquent entre elles au moyen de sons émis en fréquences basses ( entre 50 et 500Hz). Elles n'ont pas d'oreilles externes et leur conduit auditif est obturé par un bouchon ; on pense que le son leur est transmis par certains os de la tête. Le type de son émis est en relation étroite avec l'activité, la taille et la composition sexuelle du groupe. Par exemple une baleine au repos n'émet pas de sons. Le répertoire est étroit, pourtant il est évident que les baleines se répondent, alors qu'elles restent insensibles aux signaux sonores émis par d'autres baleines comme les jubartes. Les sauts qu'elles effectuent ont aussi une fonction importante, une stimulation sensorielle pour les autres baleines, simulation provoquée par l'impact acoustique de la chute de ce corps énorme sur l'eau. C'est un moyen pour elles également de se débarrasser des parasites et des morceaux de peau desquamée.

MILIEU :

Les baleines franches occupent les mers entre 20° et 60° de latitude dans l'hémisphère Nord et l'hémisphère Sud. Les deux types Eubalaena glacialis au nord et Eubalaena australis au sud, sont isolés l'un de l'autre par un large bande équatoriale. Elles sont présentes dans les eaux des côtes de la péninsule de Valdés de mai à décembre. A la fin de la période de reproduction qui est aussi une période de « diète », la baleine franche migre vers des eaux riches en krill. Elle pourra alors nager la bouche ouverte en surface ou plonger pour atteindre de plus larges concentrations de zooplancton à des profondeur supérieures à 10m. En octobre, la migration commence : les mâles s'en vont les premiers, les femelles et leurs petits les suivront plus tard, à partir de mi-novembre. Leur destination n'est pas bien connue. On suppose qu'elles vont dans une zone océanique située entre le 20e et le 60e parallèle au sud-est de l'Atlantique pour trouver leur nourriture.

RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE :

La population est estimée (en 2001) à moins de 20 000 individus, réparties en 4 populations distinctes dans l'hémisphère nord et 7 dans l'hémisphère sud. Il est habituel de penser que les populations du Nord et du Sud ne se mélangent pas (elles ne passent pas la ligne de l'équateur), mais il existe des exceptions documentées.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

L'Univers fascinant des animaux Fiche 54, groupe 1
Grand dictionnaire des animaux, Bordas ed, Vol 15, pp 2834 - 2948